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Voyage au Malawi Octobre 2018

Voyage au Malawi Octobre 2018

Le Trajet:

En Octobre 2018, un voyage de collectes et plongées sur les côte malawites du lac a été organisé. Avec trois autres passionnés; Ariel, Fabien et Nicolas, nous avons pu plonger, observer et collecter des cichlidés sur différents récifs du Lac.

 

 

 

 

 

 

Une escapade dans un pays comme le Malawi impose une série de vérifications notamment au niveau des vaccins (hépatites A, hépatite B, tétanos, fièvre jaune, Typhoïde, etc…) et des précautions anti-paludéennes (moustiquaire, anti paludéens), passeports à jour et visas. Pour nous tous, l’excitation de cette première expédition sur le lac nous fait oublier la fatigue du trajet (difficile de réellement dormir dans l’avion lorsque l’on sait que l’on va réaliser un rêve vieux de 20ans quelques heures plus tard….). Après une escale de quelques heures à Addis Abeba (Éthiopie), nous reprenons un avion plus petit à destination de l’aéroport de Lilongwe au Malawi. A côté du hublot durant ce vol, je scrute en permanence la moindre zone bleue entre les nuages en espérant voir le lac…

Un atterrissage un peu remuant plus tard, nous mettons enfin les pieds sur le sol malawite. S’en suit une attente interminable au milieu d’une foule de malawites et touristes (certains ayant déja un Visa, d’autres remplissant les documents au dernier moment en s’appuyant sur un coin de table ou un mur…). Les soi-disant files d’attente “organisées” vers lesquelles nous ont aiguillées les policiers sont en fait un simulacre d’organisation; tout le monde changeant allègrement de file en permanence… Welcome to Malawi!!

Après une bonne heure à avancer petit à petit dans cette cohue (deux avions qui atterrissent quasiment en même temps semblent durs à gérer pour cet aéroport), nous passons enfin le services de sécurité, récupérons nos bagages retrouvons la commerciale de la pêcherie qui s’impatientait et désespérait de nous voir sortir de l’aéroport.

Moi qui avais établi un planning serré, cela commence bien! (Au final il faut se mettre en tête dès le départ que le planning théorique sera de toute façon toujours différent de ce qui va se réaliser). Premier stress en voyant la taille de la voiture qui est sensée nous véhiculer jusqu’à la pêcherie basée à Chipoka (à environ une heure et demi de route de Lilongwe). Nous somme 4 passagers, avec neuf gros bagages (certains bagages excédentaires pour emmener les fournitures scolaires que nous avions collectées avant le départ) ainsi que nos sacs de cabine. Opération Tetris pour tout rentrer. Nous sommes vraiment calés comme des sardines avec chacun des bagages sur les genoux, derrière la tête etc…

Je risque un: “c’est pas trop grave si on n’arrive pas à mettre les ceintures de sécurité?”. Réponse de la commerciale avec un sourire amusé: “you are in Malawi…”

Voyant bien que ce véhicule est trop juste, elle nous emmène chez la responsable de la pêcherie qui habite Lilongwe et fournira sa voiture pour nous véhiculer lorsqu’il le faudra. Nous sommes bien plus à l’aise. Surprise à un carrefour, quelqu’un sort de nulle part et nous donne par la fenêtre un sac en plastique dans lequel il y a des boites en carton renferment des morceaux de poulets grillés avec des frites chaudes! Version africaine du “drive”. Pour l’instant la transition culinaire entre la France et le Malawi n’est pas trop violente! Demandant si on pouvait manger avec les doigts dans la voiture au risque de tacher les sièges, même réponse “you are in Malawi”….

Départ pour Chipoka après avoir pu voir quelques monuments ou lieux caractéristiques de Lilongwe. Dès que l’on sort de la ville, de la terre rouge partout des deux côtés de la route. Je suis agréablement surpris par l’état de la route (il est vrai qu’il y a tellement peu d’axes routiers dans ce pays que les quelques routes stratégiques et principales sont en état très correct, ce qui est l’inverse des réseaux secondaires). La conduite se fait à gauche (Le Malawi est une ancienne colonie britannique) en théorie. Dans les fait ils conduisent en plein milieu et se rabattent sur la gauche lorsqu’une autre voiture arrive en face! Cela surprend et donne quelques sueurs car le compteur est toujours à plus de 110km/h (parfois 140…). de chaque côté il y a des files quasiment ininterrompues de piétions et cyclistes en file indienne, frôlés par les voitures. De grands coups de frein pour retomber parfois à l’arrêt ponctuent le voyage régulièrement afin d’éviter les chèvres, moutons et vaches qui traversent ou se baladent sur la route. Nous échangeons régulièrement entre français des regards amusés (cachant un peu de stress il faut l’avouer). Le dépaysement commence! D’autres arrêts sont fréquents aux barrières présentes (parfois au milieu de nulle part) avec une guérite et un ou deux policiers. Le but de ces barrières nous échappe un peu: les policiers s’approchent de la voiture, échangent quelques mots avec la conductrice, parfois nous devons montrer nos passeports, parfois elle donne un billet, et la barrière se lève….

A la fin du trajet, nous quittons la “belle route”  pour parcourir quelques centaines de mètres sur un chemin composé de terre et cailloux, traversons un terrain de foot en terre et finalement arrivons à la pêcherie. Directement, le lac en face de nous à une centaine de mètres! On y est!!!! Surexcités, nous prenons possessions des chambres du Lodge, nous furetons dans les rangées de bassins en béton de la pêcherie et forcément rapidement on va mettre les pieds dans l’eau du lac! Premier selfie à quatre sur un gros bloc béton au bord du lac. Des coquilles de Lanistes parsèment la plage et nous en ramassons quelques unes (surtout Ariel qui trouve même quelques vivants de belle taille dans les herbiers ).

       

Le personnel de la pêcherie est d’emblée très souriant et accueillant. Visiblement ils sont heureux de nous voir et suivent nos déambulations dans la pêcherie, désireux de nous renseigner lorsque l’on a des questions sur les poissons de tel ou tel bassin.

Premier diner et là encore pour le choc culinaire on repassera! Tous les repas servis à la paillote (qui fait bar/ restaurant/ télévision, bref notre QG lorsque nous étions à Chipoka!) ont été vraiment très corrects. Il n’y a pas d’entrée ni de dessert, les petits déjeuner sont de type “anglais”, mais c’est bon et très copieux. Souvent la viande est du poulet, de la chèvre (une première pour moi mais c’est vraiment bon) ou poisson type “Chambo” (désignation qui regroupe en fait plusieurs espèces de Tilapias présentes dans le lac), agrémentés de riz, pates, frites ou légumes et en général une sauce. Les boissons au bar sont tellement bon marché que nous commanderons tout le long du séjour sans retenue bières (Carlsberg), cocas (parfois whisky, du moins tant qu’il y en a encore), et certaines sortes de sodas locaux nommés Sobu (un gout de médicament hyper sucré). Les femmes qui espéraient nous voir maigrir lors du voyage s’avèreront très déçues lors de notre retour en France…

Rencontre des Pêcheurs:

Tari nous demande si nous sommes motivés pour aller à la rencontre des pêcheurs qui débarqueront la récolte de poissons de Mbenji le lendemain matin de très bonne heure sur un plage située à une heure de route au Nord. Nous commençons à être vraiment fatigués mais sommes bien évidemment partants. Le réveil est mis pour 4h (le soleil se lève très tôt et se couche très tôt au Malawi).

Sur la route , malgré l’heure, déja beaucoup de monde en vélo ou à pied , marchant sur les côtés. Quelques arrêts et à vue de nez quasiment une heure de perdue plus tard  (le temps de retrouver le pickup de la pêcherie conduit par Harold qui s’était arrêté à une autre station service que celle convenue), nous arrivons sur la plage de Chikombe. Magnifique! Large plage de sable fin avec un soleil levant et en arrière plan au loin le bateau de la pêcherie qui attendait notre arrivée pour se rapprocher du bord et décharger les poissons. Quatre blancs arrivant sur ce lieu ne manquent pas d’attirer quelques curieux qui restent à quelques mètres de nous à nous observer (cela sera quasiment systématiquement le cas tout au long du séjour).

Nous nous installons au bord de l’eau et les pêcheurs arrivent en débarquant les futs contenant les poissons. L’objectif est de tous les mettre en sac, gonflés à l’oxygène, afin de les ramener par la route (dans le pickup) à la pêcherie. Les pêcheurs eux, rentreront avec le bateau en longeant la côte car le Mwera (vent du Sud, souvent très fort) souffle et ralentit le bateau. Nous aidons à remplir les sacs d’eau et de poissons, à les fermer à l’élastique, etc…

La grosse bouteille d’oxygène est posée sur le sable, Moussa assis dessus ouvre et ferme la vanne pour gonfler les sacs de poissons. Une fuite au niveau du robinet? Ils réparent cela à l’aide d’une lanière de caoutchouc qu’ils enroulent autour de la fuite. De toute façon nous ne somme pas à cela près vu qu’il n’y a pas de détendeur sur le bouteille… Un jeune Malawite qui nous observait parmi d’autres négocie un billet contre le fait de tout remonter (poissons, bouteille d’oxygène etc…) jusqu’au pickup situé en haut de la plage à une centaine de mètres. Nous l’observons  incrédules (et impressionnés), se faire charger la grande bouteille d’oxygène et remonter la plage écrasé par le poids de la charge. Il est certes costaud mais dois faire 1.60 mètres et la bobonne d’oxygène est horriblement lourde!!!

Une fois tout le matériel remonté, nous repartons direction la pêcherie, avec comme à chaque fois des escales ou détours pour acheter de l’essence, retrouver untel qui attend à tel ou tel endroit pour donner quelque chose pour une autre personne, etc, etc…. Un arrêt à Salima pour prendre de mémoire de l’huile nous confronte assez violemment avec la misère du pays. Nous avions bien évidemment vu partout les signes évidents de pauvreté mais je pense que nous nous souviendrons longtemps tout les quatre de ce malawite (probablement atteint de poliomyélite), démarche titubante du fait d’un bras et jambe atrophiés et quasi paralysés, la bouche semi déchirée laissant apparaitre une dentition affreuse. La tête collée au carreau passager (je suis à cette place), il essaie d’introduire ses doigts à travers la fenêtre entrouverte afin de demander de l’argent en articulant quelques mots en Chichewa (que je ne comprends pas évidemment). Tari lui donne quelques billets, ce qui attire évidemment d’autres mendiants autour de la voiture. On ne sait ce qui est le mieux à faire car dès lors que quelque chose est donné, ils vont presque être prêts à se battre entre eux pour l’avoir…. Cet épisode rappelle Néanmoins qu’une action humanitaire, même minime, n’est vraiment pas superflue dans ce pays.

     

L’école de Chipoka:

Nous avions rendez vous ce jour là également avec le directeur d’une école de Chipoka. Grace à la générosité de nombreux passionnés, nous avions pu collecter beaucoup de stylos, feutres crayons etc (et financer bagages excédentaires pour en emmener car nous avions réussi à libérer  70 à 80kilos dans nos packetages personnels mais les dons dépassaient largement ce poids!). Les cahiers ont été financés via la cagnotte dont s’est occupée Fabien et achetés sur place avant d’arriver au Malawi afin d’être certains de bien avoir le nombre de cahiers le jour J. C’est un moment vraiment particulier que de distribuer ces fournitures scolaires qui semblent anodines pour les écoliers français.

Nous sommes installés sous le grand arbre qui trône au centre de l’école; les bâtiments étant disposés en U autour de cet arbre. Il est décidé que les classes d’enfants les plus jeunes passeront en premier. Ces petits écoliers qui s’agenouillent pour nous remercier de leur donner des cahiers et stylos bille est assez désemparant. S’ensuit un long défilé, classe par classe des 1200 élèves présents dans l’école ce jour là. Le directeur est heureux et fier de faire défiler au pas et chanter les différentes classes quand elles attendent leur tour (la même chanson à chaque fois qui nous est restée quelques jours dans la tête!) . Le fait d’avoir distribué nous même les fournitures nous a satisfait et conforté dans le fait que tout ira bien aux enfants.

A posteriori il ressort que lors de cette distribution les sourires prouvaient que les “approximativement” 6000 cahiers et 3000 stylos distribués étaient une bonne initiative. Comment un enfant peut il s’exercer et travailler si il n’a même pas de quoi écrire pour faire ses devoirs?!! Comme a dit le directeur de l’école: “c’est la base pour notre enseignement que d’avoir des élèves avec cahiers et stylos”. Au passage, un énorme merci à tous ceux qui ont souhaité participer à cette opération en donnant sur la cagnotte qui avait été mise en ligne, ou en nous faisant parvenir leurs dons de fournitures scolaires.

Visiblement ils tiennent réellement à nous montrer comment ils travaillent au sein de l’école et insistent pour que nous passions dans différentes classes assister à quelques parties de cours. Les messages de remerciements sont systématiques et font plaisir. Je n’ai vu aucun enfant lors de cette distribution qui n’avait pas soit des trous ou des tâches sur ses vêtements, soit des signes évidents de maladie (ou les deux). Impossible de ne pas se projeter en repensant à nos enfants respectifs qui sont bien loin de cette pauvreté. Le Malawi est la deuxième nation la plus pauvre au monde et ces enfants manquent de tout: de soins, d’infrastructures scolaires, d’alimentation parfois, mais ils ont le sourire…. On dit bien que le Malawi est “le coeur chaud de l’Afrique” .

L’après midi, nous effectuons une distribution auprès du personnel de la pêcherie: nous avions emmené des habits, produits d’hygiène, etc à leur offrir. Ne trouvant pas Nicolas, nous récupérons auprès d’Ariel les vêtements que Nicolas avait mis dans les bagages d’Ariel à l’aéroport avant le départ (afin de répartir au mieux les poids des différents bagages). Avec Fabien nous trions en vitesse les vêtements par catégorie: enfants, hommes, femmes, …. car le personnel et réuni et la distribution va commencer. La commerciale connait la situation de chaque employé et nous jugeons qu’il sera plus juste de la laisser gérer cela.

Nous récupérons in extremis un drap dans le tas de vêtements que Nicolas avait placés dans le sac d’Ariel. Pour sur, ce drap n’avait pas vocation à être distribué mais devait servir pour le séjour de Nico! La distribution débute et Nicolas nous rejoint juste à ce moment là. Il a juste le temps de voir quelqu’un s’emparer d’un beau short qui lui appartenait. Vu la tête de Nicolas, ce short n’était apparemment pas non plus voué à être distribué!  Trop tard pour le récupérer. Nous éclatons de rire.

Cette première journée fut réellement riche en émotion, et le contraste avec la vie en Europe est total!

   

Préparatifs de la collecte:

Il faut reconnaître que le fait de promettre une bière au bar à une certaine heure aux pêcheurs est une bon moyen de caler un rendez-vous. Dans ces cas là ils oublient rarement et sont même ponctuels! Les bouquins de Konings sont sortis, nous checkons les spots de plongée et de collecte de poissons, la chronologie de ceux-ci, les plans B en cas de vent ou eaux troubles, etc… Les eaux sur la côte Est semblent plus calmes qu’à Chipoka en ce moment et doivent permettre de meilleures plongées. Les plongeurs paraissent motivés et permettent de réorienter la collecte de certaines espèces sur d’autres spots plus propices. Leurs connaissances sont de précieux atouts.

 

Depuis notre arrivée, William finit de peindre le bateau que nous devons utiliser. Bateau tel qu’il y en a plein sur le lac, en bois, mesurant cinq à huit mètres. Celui qui nous est destiné (pas suffisamment de place pour accueillir français et plongeurs sur un seul bateau) est encore sur la plage à une soixantaine de mètres du rivage. Je suis un peu agacé que les finitions sur le bateau se fassent au dernier moment et qu’il ne soit pas encore à l’eau. Cela fait plusieurs mois que le voyage est planifié… Peu importe, demain nous partirons en traversée du lac, destination la côte Sud Est sur un bateau tout propre!

   

Nous observons avec Fabien depuis la terrasse de nos chambres une équipe d’une vingtaine de locaux recrutés pour l’occasion, trainer le bateau dans le sable jusqu’à l’eau. Poussant et criant en choeur à chaque mètre gagné. Une demi heure plus tard, le bateau est dans l’eau. Il a fière allure avec cette peinture neuve bleue et noire! quelques minutes après, je lance à Fabien : “c’est moi où il est en train de couler?”. Trente minutes se passent et nous avons peu de doutes sur le fait qu’il est posé au fond, heureusement dans peu d’eau. Tari revient du bateau où on lui a expliqué qu’il y a “nothing unusual, few water in”…. Nous allons voir. Le niveau d’eau à l’extérieur et à l’intérieur du bateau est le même. La coque reposant sur le sable. Bref impossible d’utiliser ce bateau “sous marin” . Toute la planification du trip dépend de la présence d’un second bateau, donc nous commençons à sérieusement nous inquiéter pour la suite.

Passons les problématiques logistiques, un autre bateau sera loué sur la côte Est et nous irons en voiture le lendemain de l’autre côté du lac pour récupérer cette embarcation. Les cinq plongeurs traverseront le lac avec le maximum de matériel dans le bateau fonctionnel. Par la route, faire Chipoka jusque Chipole (lieu de location du bateau) doit prendre selon les locaux deux heures. Cela me semble très peu car à vue de nez en estimant les distances j’aurai plutôt dit quatre heures. Six heures plus tard (dont trois heures horribles sur des routes “griffées dans la roches (en gros trois heures de ralentisseurs non stop!!! Atroce!!!), nous arrivons après avoir demandé notre chemin une dizaine de fois, avoir tourné et viré dans makanjila, avoir du déjouer un contrôle de policiers à une barrière un peu plus insistant que les autres, enfin sur la plage de Chipole en pleine nuit. Nous avons tous le dos et les fesses en compote. En bord de plage, plein de ruelles blindées de monde (beaucoup de pêcheurs à priori) qui ne nous inspirent vraiment pas confiance. Deux des plongeurs de la pêcherie nous y attendent: Maliro et William. Comme d’habitude, dès que les blancs descendent de la voiture un attroupement se crée. La plage grouille de monde avec musique, tamtams et conversations en Chichewa comme fond sonore. “Vous pouvez monter vos tentes ici, dormir, et rejoindre l’autre équipe qui est à Chiofu demain matin”.  Dans mon esprit (et je pense dans celui de mes trois acolytes également), il en est hors de question! Il sera de toute façon impossible de dormir vu le vacarme et la densité de population, ivres pour partie, qui traine ici. Quit à ne pas dormir, autant faire le trajet en bateau jusqu’à Chiofu!!

Nous chargeons donc tout dans le bateau de location et quittons Chipole, william au moteur et Maliro en guide vocal, nous indiquant les localités devant lesquelles nous passons au fur et à mesure. La nuit est claire est distinguons quelques villages, rochers etc… Je me souviens d’une phrase de Nicolas à ce moment là: “Je suis en kiff total: je suis en train de me taper la côte est du lac Malawi de nuit!!”. C’est notre réconfort après ce trajet horrible en voiture!! Après quelques heures de bateau nous arrivons dans la baie de Chiofu. C’est très calme. l’eau éclairée par les lampes frontales est cristalline: impressionnant! Moussa , robert et henry sont bien là et nous aident à débarquer. Nous sautons du bateau au bord de la plage. L’eau est chaude. les tentes sont montées à l’aide des lampes, ce qui attire de nombreux moustiques/ moucherons. Sans doute trop frustrés de ne toujours pas avoir vu depuis notre arrivée un seul Cichlidé dans son milieu naturel, nous nous mettons en caleçons avec Fabien et allons marcher le long de la plage avec nos lampes dans l’espoir d’apercevoir quelque chose! L’équipe de plongeurs nous observe incrédules et dubitatifs. Il se demandent probablement pourquoi nous faisons cela alors qu’ils savent très bien que dès le lendemain matin nous verrons des dizaines de milliers de poissons…. Nous apercevons enfin deux ou trois cichlidés tout gris qui filent dans le rayon des lampes. Nous sommes contents, on va se coucher!

Premières plongées:

La nuit est courte mais nous sommes tellement fatigués que l’on dort d’une traite et l’embarquement du matériel du bateau se fait de bonne heure (En général aux alentours de 5 heures car le soleil se lève vers cette heure). Les levers et couchers de soleil au Malawi sont réellement paradisiaques, souvent le soleil prend des tons mauves/ violets ou rougeoyants. Les vitesses du lever et coucher sont réellement étonnantes: en quelques minutes on passe de nuit noire à grand jour (avec la chaleur qui va avec). Les petits déjeuners (barres de céréales que nous avions emmenées, lait chaud), sont rapidement avalés et nous parcourons en quelques minutes les trois cent mètres nous séparant des petites criques rocheuses situées au Sud de la baie.

             

L’eau est claire et malgré un peu de houle, nous apercevons immédiatement des cichlidés sous le bateau. Équipement rapide palmes/masque/tuba, et nous allons au plus vite snorkeler dans les rochers, tenter quelques apnées, et surtout prendre nos marques. Il y a des cichlidés partout! Depuis le bateau nous en apercevions déjà certains mais une fois dans l’eau, on prend conscience du nombre!!! Sur absolument tous les rochers il y en a des groupes, chahutés par les vagues. Immédiatement je vois une espèce que j’avais en tête de collecter car on la voit très rarement dans le commerce: Tropheops sp. gome yellow. Nous nous baladons le long des rochers dans cette crique, bien à l’abri des vents. Dès que l’on sort un peu de la crique pour explorer les rochers en dehors de la baie, de forts courants nous obligent à palmer bien plus fort et nous fatiguent très rapidement.

Dans quatre/ cinq mètre d’eau de magnifiques mâles Protomelas sp.steveni imperial se livrent à des parades d’intimidation. Même en étant à quelques mètres d’eux, les couleurs sont hallucinantes de luminosité. Tous les poissons nous semblent beaux dans cette eau cristalline et sous ce soleil. Beaucoup de mâles Metriaclima zebra sont facilement identifiables car en pleine couleurs. Les quelques femelles OB que nous apercevons sont traquées avec notre filet. Pas évident de prendre le coup de main pour collecter avec le filet, surtout lorsque l’on tombe dans un courant plus fort. Ayant préféré laisser le filet neuf que j’avais ramené aux plongeurs de la pêcherie (considérant qu’ils seraient plus efficaces que nous avec un bon filet), nous avons hérité d’un filet aux mailles bien trop grosses, déchiré par endroits, bref un véritable gruyère!! Nous loupons plein de poissons qui traversent tranquillement le piège mais pour l’instant nous ne ciblons pas trop: on s’exerce surtout et nous essayons de comprendre comment réagissent les poissons à notre approche.Au soir de la première journée de plongée j’ai un gros coup de barre. Avoir passé une très grosse partie de la journée dans l’eau doit y être pour quelque chose. C’était probablement un peu trop, en plus du soleil intense et de la fatigue accumulée.

Durant trois jours nous enchainerons les heures de plongée sur différents spots de Chiofu et Gome, en remontant notre campement tous les soirs sur la plage de Chiofu. Chiofu et Gome regorgent de plein d’espèces. Nous verrons au sein des rochers une multitude de mbunas: Petrotilapias, Metriaclima, Labeotropheus, Melanochromis, ainsi que des Haplos comme des Fossorochromis, Nimbochromis livingstonii, des Tyrannochromis Nigriventer énormes (avec les nuages d’alevins autour qui se précipitent dans la gueule de la mère dès que l’on approche trop), des Protomelas steveni, Des copadichromis. Quelques Tilapias également passent parfois en bordure des zones rocheuses. Le deuxième jour de plongée j’ai également pu apercevoir dans environ quatre mètre d’eau deux énormes Serranochromis robustus qui s’éloignaient tranquillement vers des eaux plus profondes. Quel que soit l’endroit où nous plongerons, nous verrons quasiment systématiquement des Labeo cylindricus qui passent comme des torpilles au ras des rochers. Pas simples à attraper ces poissons; ils sont très rapides et vifs. Leur couleur dans le ac est splendide: une large bande vert fluo parcourt tout le dos!

Au sein même des petites criques, dans trois ou quatre mètres d’eau à peine, on peut voir sur le sable des Mylochromis, des Lethrinops paradant dans leurs nids de sable et allant chercher les femelles pour s’y reproduire. Une surprise fut de voir un groupe d’une petite dizaine de Copadichromis geertsi d’une dizaine de centimètres dans à peine deux mètre d’eau!!

Les espèces collectées lors de ces jours sur Gome et Chiofu:

Copadichromis geertsi (en fait collectés sur Namitumbu)

Labeotropheus trewawasae Chiofu

Melanochromis simulans

Metriaclima zebra Big blotch

Nimbochromis livingstonii

Protomelas sp.steveni imperial

Tropheops sp.gome yellow

             

Namitumbu:

Après ces trois jours de campement sur Chiofu, nous levons le camp pour redescendre le long de la côte. Nous nous arrêtons sur Narungu avec comme objectif de plonger, voir si des espèces sont vraiment intéressantes à collecter, et si c’est le cas, y rester un peu. Nicolas et Fabien plongent en premier, suivi par Ariel. Nous sommes très proches de la côte mais le vent se lève un peu. Dès qu’il mettent le nez sous l’eau, Nicolas et Fabien disent qu’ils voient plein d’estherae. En fait il s’avèrera quand les plongeurs remonteront les premiers poissons attrapés, que la plupart des poissons oranges sont en fait des femelles M.zebra. Sur cette population, les femelles O apparaissent comme étant très présentes, tout comme les femelles OB big blotch. Très intéressant car ces poissons n’ont à priori jamais été exportés auparavant. D’autres espèces sont prélevées: Des Pseudotropheus johanni magnifiques et des Labeotropheus trewawasae sur lesquels les quelques femelles OB trouvées sont splendides (hyper bleues!). Il y a également des M. chrysomallos, des M.estherae et des Cynotilapia afra qui sont très beaux également.

 

Le campement est établi un peu plus au Sud, sur Namitumbu (prononcer “Namitoumbou”). L’après midi nous plongeons sur les récifs côté sud de la plage de Namitumbu. Là encore, une multitude de poissons mais la côte est un peu plus exposée aux vents et courants et cela bouge pas mal. Ariel voit des F.rostratus en couleur dans des herbiers au Sud du massif rocheux. Il y a pas mal de P. johanni, quelques M.zebra (très peu de femelles OB ici), des Petrotilapia, Labeotropheus, et je découvre la collecte des crabes en apnée qui sera un de mes sports préférés durant ce voyage. Mes compères sont assez peu satisfaits de me voir revenir au bateau avec les crabes ( les pêcheurs nous ont conseillé de les mettre au fond du bateau et ils courent donc entre les affaires pour se cacher parfois dans les palmes…).

Sur la plage, des dizaines d’enfants curieux viennent nous observer à quelques mètres. Dès que Nicolas leur montre des applications pour enfants sur son téléphone, ce sont des cris d’étonnement et de grands sourires. Ariel négocie des mangues (les 50 mangues pour environ 3,3 euros…). Un peu de sucre nous fait du bien car le régime à base de pâtes et riz à chaque repas commence à nous peser. Nous achetons également deux poulets et des lots de petits pains fris. certains des enfants pêchent à la ligne sur des rochers en bord de plage. Ils y attrapent de petits Tilapias. D’autres jouent au foot avec un ballon fabrique d’une boule de tissu entourée d’un sac plastique et le tout ficelé de corde. Une partie de foot est improvisée. J’y rappelle à l’occasion que l’on vient de la nation qui vient d’être sacrée championne du monde! Des que l’on réussit des jongles ou une bicyclette, ce sont tous les enfants qui crient et miment le geste. La rumeur que les blancs jouent au foot a du se propager très vite car en quelques minutes nous voyons arriver des nuages d’enfants de tous es côtés de la plage! Très vite une bonne centaine et cela ressemble plus à un Rugby qu’un foot évidemment!

Chaque coucher de soleil est formidable, on ne s’en lasse pas! Des synodontis njassae (appelés Kolo kolo là bas) nous seront rapportés par un pêcheur local qui les a pris à la ligne. La veille il en avait ramené deux morts dans sa pirogue et je lui avais dit que si le lendemain il pouvait m’en amener des vivants, je lui achèterai. Il n’a pas oublié et vient à la nage avec un seau contenant les synodontis jusqu’à notre bateau alors que nous sommes en train de collecter. William aura été précieux pour la traduction car la plupart des gens sur la côte Est ne parlaient pas anglais. L’anglais est enseigné à partir d’un certain niveau à l’école (d’après ce que j’ai cru comprendre l’équivalent du CM1 ou CM2 chez nous). Ceux qui n’ont pas dépassé ce niveau scolaire ne parlent donc que Chichewa. William et Maliro rachètent également les synodontis morts au pêcheur car ils les mangent en tirant deux espèces de filets sur le dos des poissons. Nous gouterons également au kapango (Bagrus meridionalis) qui a vraiment très bon gout.

Après deux jours sur Namitumbu, trois pêcheurs: Henry, Maliro et William nous quittent pour ramener un bateau et les futs de poissons déja collectés à la station. Nous restons donc avec Moussa et Robert sur un seul bateau. Direction Liwewe!

Chimwalani:

Nous n’avons plus d’eau potable car le bidon de 5 litres qu’il nous restait est reparti avec le premier bateau. Après deux heures de bateau (le Mwera souffle fort et nous ralentit beaucoup), nous arrivons à Chipole (là où nous avions embarqué après notre épique trajet en voiture). Fabien, Ariel et Moussa restent au bateau tandis que je pars avec Nicolas et Robert en quête d’eau potable. Les ruelles du village sont là encore pleines de monde bien que nous soyons tôt le matin. Évidement tout le monde nous regarde. Robert s’arrête devant un shop mais celui-ci est fermé. Il demande renseignement. Visiblement le patron n’est pas décidé à ouvrir pour nous mais Robert s’engouffre derrière la boutique pour aller négocier l’achat d’eau sans ouvrir la boutique. Nous restons donc avec Nico à l’attendre dans la ruelle en terre. Il n’aura pas fallu deux minutes pour qu’un malawite vienne nous parler. Il nous demande d’où on vient, pourquoi nous sommes là etc… Nous nous prêtons au jeu de questions -réponses. C’est bon-enfant. La plupart n’ont rien à vendre et viennent parler uniquement par curiosité. Un sujet de conversation qui revient souvent est le football. Beaucoup sont fans, surtout d’équipes anglaises j’ai remarqué. Il nous raccompagne jusqu’à notre bateau lorsque Robert revient et nous promet même de venir nous tenir compagnie deux jours plus tard lorsque nous reviendrons à Chipole pour prendre le Ilala (le ferry qui traverse le lac). Au final, il y a eu changement de plan et nous ne l’avons pas pris; il a du nous attendre pour rien….

Robert a acheté avec l’argent que nous lui avons donné plein de petites bouteilles d’eau de 25cl et une bouteille de 5 litre qui visiblement avait déja été entamée… Par sécurité nous mettrons des cachets pour rendre l’eau potable dans celle ci.

Départ de Chipole, direction Liwewe!

Nous nous souviendrons tous du trajet depuis Chipole jusqu’à Liwewe. Le Mwera souffle dur, les vagues arrivant de face font un bon mètre, le bateau est chargé comme une mule et il y a trois gilets de sauvetage pour six…Le bateau prend l’eau et je passe quasiment la totalité de mon temps à écoper. Nothing unusual pour le Malawi! Fabien me fait remarquer que le bateau craque de partout alors que je n’avais pas remarqué. Même si on ne se parle pas trop, nous sommes tous un peu tendus!! Surtout lors de la traversée des rochers de Makanjia Point (c’est très étendu) qui apparaissent et disparaissent de notre vue au gré des vagues… En regardant la côte, je me vois assez mal faire la distance jusqu’au bord dans ce courant en cas de catastrophe. Une bonne heure de stress plus tard nous arrivons sur le récif immergé de Liwewe. Moussa et Robert se mettent à l’eau et partent pour une heure de collecte. L’idée est la même qu’à Narungu: on s’arrête et on regarde si il y a d’autres espèces intéressantes que les Aulonocara maylandi sur ce reef. Au final, les pêcheurs trouveront des Aulonocara maylandi mais peu de femelles (je les prendrai toutes pour l’import post-voyage,  avec des mâles évidemment), un M.barlowi, un A. stuartgranti red flush spendide, et des Mchenga de deux ou trois variétés qui s’étaient pris dans les mailles du filet. Bref rien de transcendant en dehors des maylandi. Je comprends mieux pourquoi ils ne collectent jamais ce récif. Il n’y a pas grand chose d’intéressant commercialement en dehors des Aulonocaras maylandi.

Nous quittons donc Liwewe pour filer sur Chimwalani. Le vent et les vagues sont toujours de la partie et lorsque nous arrivons sur Chimwalani, les courants sont très forts. Nous sommes souvent projetés dans les rochers et la visibilité n’est vraiment pas bonne. Moussa et Robert partent collecter dans des eaux un peu plus profondes à une centaine de mètres de l’ilot, alors que nous, nous restons dans des eaux peu profondes autour de celui-ci.Les poissons sont tous de taille énorme, quelle que soit l’espèce! L.fuelleborni (je n’en avais jamais vu de si gros: tellement hauts que le front est quasiment vertical!), Petrotilapia, Tropheops sp.yellow gullar, Protomelas taeniolatus (fire blue), Pseudotropheus sp.elongatus brown, Tropheops kamtambo: toutes les espèces sont réellement très grandes par rapport à leurs homologues des autres lieux où nous avons plongé. Il y a des Petrotilapia de partout, etde toutes les tailles mais certains sont vraiment très gros! Chaque coup de filet en ramène plusieurs! L’utilisation du filet dans ces conditions est très difficile et rend la collecte très problématique. Nous arrivons tout de même à attraper une cinquantaine de poissons mais impossible de sélectionner quoi que ce soit! Les deux plongeurs font eux choux blanc car il n’avaient aucune visibilité plus profond. Cela me permet de les chambrer en leur disant que si ils ont besoin de conseils pour attraper les poissons, ils peuvent venir me demander!!

        

Pour cette nuit, le campement se monte sur la plage de Chitedze. Une grande plage de sable fin  sur laquelle se ballades plein de troupeaux de chèvres et vaches notamment. Le temps de faire quelques photos souvenirs et nous préparons le poulet qu’il nous reste. Moussa et Robert dorment sur le bateau car si le vent souffle fort, celui ci pourrait être emporté. Monter ma tente juste devant le feu de camp n’était pas judicieux: toute la nuit des animaux sont venus gratter, grogner pour chercher des restes de nourriture…. Les chèvres et les vaches ont fait du bruit toute la nuit, bref nuit blanche!!! La journée va être longue!!!

Nous remettons le cap sur Chimwalani en espérant des eaux moins tumultueuses que la veille. Déjà le vent est en bonne partie tombé, c’est un bon point. Par contre les eaux sont encore trouble; les sédiments soulevés n’ont pas eu le temps de redescendre au fond. Même si la visibilité est faible nous pouvons néanmoins collecter. Certains bons coups de filet capturent dix à quinze gros L.fuelleborni et Petrotilapia ainsi que d’autres poissons plus petits, mais les gros sont tellement costauds et musclés qu’ils arrivent régulièrement à déchirer le filet en prenant de l’élan!!!! Ayant commencé tôt, vers midi les pêcheurs voulaient rentrer au campement sur Chitedze mais celà n’avait aucun sens: il ne nous restait plus qu’un demi bidon libre pour lettre du poisson collecté. Aucun intérêt de rester une nuit de plus ici pour collecter un demi bidon demain. Nous retournons avec Fabien attraper les poissons manquants et des crabes sur les ilots puis nous mettons le cap sur Chipole (encore un détour pour récupérer un bidon d’essence qui avait été prêté par la pêcherie à quelqu’un là bas….). La traversée des rochers de Makanjila se fait beaucoup plus sereinement que la veille car le lac est calme.

Cette escale nous permet de voir le Ilala que nous aurions du prendre le lendemain. Ce Ferry assure de nombreuses liaisons entre les principaux villages et ports du lac. Au moment où nous quittons Chipole, de nombreux enfants courent dans l’eau autour du bateau en criant. Moussa prend alors un bâton et mime de leur mettre des coups pour les éloigner du bateau, et surtout de l’hélice du moteur… S’en suivent cinq heures de traversée sur un lac lisse et sous un soleil de plomb. Nous cuisons. Les nombreuses heures de bateau des deux derniers jours, assis sur des bancs en bois, commencent à se faire sentir et on finit par avoir du mal à trouver une position pas trop inconfortable. Il faut quasiment en permanence vider et remplir d’eau neuve tous les bidons contenant les poissons collectés sur Chimwalani et Liwewe. Un travail harassant et répétitif.

L’arrivée sur Chipoka se fait une fois la nuit tombée. Il faut encore décharger tout le matériel et bidons et tout remonter dans le sable jusqu’à la pêcherie. La bière qui suit au bar est la bienvenue, on en a rêvé!! Nous sommes bien contents de retrouver nos chambres après ce trajet!

La côte Ouest:

J’avais en tête avant de venir au Malawi de collecter sur un récif proche de Nakantenga, mais en dehors du National Park. William revient avec des renseignements provenant de pêcheurs locaux et nous partons direction Nakantenga avec une coordonnée GPS. Ariel qui ne se sent pas bien reste se reposer dans sa chambre pour cette journée. A notre retour le soir, il aura une bien meilleure tête; le repos lui aura vraiment fait du bien.

Deux heures plus tard, nous arrivons sur Nakantenga. Leu seul soucis est que la coordonnée GPS nous emmène à un endroit vraiment proche de l’île de Nakantenga. Pas sur du tout que nous soyons à plus de 100m de l’île. Quand je demande à Moussa si c’est risqué de plonger à cet endroit (sur l’eau pas évident de savoir si on est à 80 ou 120m…), il me montre ses poings reliés comme si il avait des menottes…. Très peu pour nous. Aucune envie de tester l’univers carcéral au Malawi! Je suis dépité!!

Une pirogue se trouve à quelques centaines de mètres de là avec deux pêcheurs. Nous les rejoignons pour demander des informations. Ils ne parlent pas anglais mais nous avons nos deux traducteurs! Ils pêchent avec du fil nylon qu’ils tiennent à la main et un hameçon. Le fond de la pirogue est tapissé de Copadichromis et ils remontent un gros Petrotilapia pendant qu’on est à leur côté. Je leur montre dans le livre de Konings les photos de M.pyrsonotos Nakantenga avec femelles O, disant que je veux trouver ces poissons. Le pêcheur est sur de lui et monte à bord de notre bateau. Il indique la direction, dit stop à un endroit qui est suffisamment loin de l’île. En descendant l’ancre, il est évident que nous sommes bien sur un récif. Les M.pyrsonotos collectés ont des couleurs tout bonnement irréelles. Ils sont d’un brillant et d’une luminosité incroyables.

   

Durant les trois jours suivants nous enchainerons des collectes sur Nakantenga reef puis Chidunga au retour chaque jour. Chidunga grouille de poissons. Des endroits que nous avons vus, c’est probablement le lieu où il y avait la plus forte densité de mbunas. Tous les rochers en sont couverts et des qu’il y a des falaises verticales on trouve vite des Copadichromis borleyi. Nous aurons la chance de voir et même collecter quelques espèces non répertoriées dans CRC: Des Protomelas ornatus, des Petrotilapia, et une espèce de Labidochromis qui n’est pas du L.sp. gigas chidunga (dont nous avons également capturé quelques spécimens).

 

Nous nous régalons sur Chidunga, d’autant plus que nous commençons à bien mieux maitriser l’utilisation des filets et ciblons certaines espèces.

Fin du Voyage:

Les derniers jours sont consacrés au tri et sexage des poissons qui vont être expédiés pour NeoTropic le lendemain de notre départ. Nous faisons un tour du côté de Senga bay, à Livingstonia Beach plus exactement. Il y a un complexe hôtelier, une plage hyper propre au sable très fin et évidemment pas mal de blancs! Quelques clichés sont pris avec l’ile de Namalenje en arrière plan.

Au retour, nous nous arrêtons pour acheter quelques souvenirs en bois typiques de là-bas. Il y a de nombreuses échoppes alignées d’un côté de la route, et en face les artisans qui peuvent fabriquer à la demande. Nous faisons graver quelques plaques et achetons après négociations (le prix de base pour les touristes est forcément différent du tarif habituel!!). Notre chauffeur de taxi nous attend patiemment. Visiblement on doit représenter son chiffre d’affaire pour la journée. A chaque fois qu’il nous a emmené quelque part, c’était Bonnet rasta greffé sur le crâne, yeux rouges et Ragga à fond dans la voiture! Il nous explique qu’il doit payer tous les jours un backchich aux policiers présents sur les fameuses barrières présentes sur le trajet. De cette façon, ils ne le bloquent pas pendant deux heures pour d’inutiles vérifications. Malgré tout ils essaient d’obtenir plus de sa part lorsqu’ils voient qu’il véhicule quatre blancs…

Nous avons aussi pu aller acheter quelques souvenirs alimentaires (Thé, Café et Gin du Malawi) et vestimentaires (tissus africains) à Salima. A Chipoka le marché aux poissons est aussi très sympa à aller voir: des quantités impressionnantes d’usipas (petites sardines) y sont débarquées, ainsi que des Ramphochromis notamment. Les Usipas sont séchés au soleil sur des étales de bois recouverts de filet. Il y en a sur la plupart des plages.

Une mechoui avec tout le personnel de la pêcherie (nous avons acheté un mouton et une chèvre à préparer) et une dernière soirée avec le propriétaire de la pêcherie (George qui était de passage au Malawi, venu avec des bouteilles de Rhum très appréciées) plus tard, et il est temps de faire les au revoirs.

       

        

Nous en avons pris plein les yeux, plein le coeur, et tout est passé bien trop vite.Ce voyage a été réellement dépaysant et pousse à relativiser beaucoup de choses. Certes, les coupures électriques, fréquentes dans le district, les coupures d’eau chaude pour la douche, les problématiques logistiques pourraient parfois paraitre pesantes mais il n’en est rien. Cela fait partie intégrante du pays et lui donne même , à postériori, un réel charme. Les malawites sont accueillants, chaleureux et curieux.

Un énorme merci à tout le personnel de la pêcherie qui a vraiment été super disponible pour nous. Un grand merci également à mes trois acolytes pour tous les bons moments et fous rires mais qui ont aussi su relativiser lors des imprévus et me supporter!!!

 

L’importation de Cichlidés africains

L’importation de Cichlidés africains

Neotropic effectue régulièrement des importations de poissons sauvages provenant directement d’Afrique.

Après leur arrivée, ceux-ci sont acclimatés dans des aquariums dédiés aux importations. Ces aquariums sont systématiquement désinfectés rigoureusement avant chaque nouvel import.

Le poissons subissent une quarantaine d’un minimum de trois semaines durant lesquelles divers traitements sont prodigués afin de les déparasiter (parasites branchiaux et cutanés, flagellés intestinaux, vers intestinaux, fungus, etc…). TOUS les poissons, sans exception sont traités.

Une attention toute particulière est portée sur l’alimentation des spécimens sauvages durant la quarantaine. En effet, les spécimens sauvages possèdent, lorsqu’ils arrivent, une flore intestinale totalement adaptée à leur alimentation naturelle. Un des principaux objectifs de la période de quarantaine va donc être d’entamer très progressivement le processus d’adaptation de cette flore intestinale sur de l’alimentation inerte. Les Cichlidés africains sont très sensibles aux modifications brutales de leur alimentation et ces transitions doivent s’effectuer très lentement. Il est primordial de les nourrir avec beaucoup de parcimonie durant plusieurs mois.

Une fois les trois semaines de quarantaine et traitements terminées, les poissons sont déplacés dans l’espace vente (accessible à la clientèle). Une partie sera vendue alors que d’autres spécimens seront conservés pour la reproduction afin de proposer par la suite des sujets très qualitatifs dits F1 (issus de géniteurs sauvages), présentant un phénotype conforme aux spécimens sauvages.

L’entreprise fait le choix de ne pas importer des poissons provenant des parc nationaux (réserves) sans autorisation.

L’élevage

L’élevage:

NeoTropic possède une vocation première d’activité basée sur l’élevage de poissons et invertébrés d’eau douce.

Les espèces sont reproduites et élevées sur le site de Laillé, en France. Un bâtiment d’élevage chauffé de plus de 400m2 ( plus de 180 000 litres d’eau), ainsi que des bassins exterieurs composent les infrastructures de l’entreprise.

La partie élevage permet la reproduction et la croissance d’espèces d’eau froide (Carpes koî, voiles de chine) mais également de poissons d’eau chaude tels que Corydoras, Ancistrus scalaires, characidés, cyprinidés, cichlidés, et même des crevettes d’eau douce.

Une attention toute particulière est portée sur la qualité des aliments distribués de façon à garantir une croissance harmonieuse (aucun colorant artificiel ou hormone de croissance ne sont utilisés!).

Par ces procédés ainsi qu’en appliquant des principes de prophylaxie stricts (désinfection systématique des mains, de tout le matériel, des aquariums et cuves d’élevage, etc…), NeoTropic peut proposer à la vente des animaux d’élevage sains et élevés sur place (gage de qualité). Ces poissons sont destinés à alimenter aussi bien les professionnels que les aquariophiles amateurs.